Déclaration FSU au CREFOP du 5 octobre 2017

lundi 9 octobre 2017
par  Webmestre FSU
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Déclaration FSU au CREFOP du 5 octobre 2017

Le futur CPRDFOP (Contrat de Plan Régional de Développement des Formations et d’Orientation Professionnelles) est présenté aujourd’hui pour avis au CREFOP (Comité régional de l’Emploi, de la Formation et de l’Orientation Professionnelles).

La FSU sauf erreur n’a pas été destinataire d’un document à jour et demande un report de l’avis du CREFOP à sa prochaine plénière. Elle n’est en mesure qu’exprimer ses désaccords avec les principaux axes de la politique régionale de la formation et ses orientations principales.

La FSU a un point de désaccord majeur avec la conception de la formation portée par le Conseil Régional, pour lequel elle doit répondre aux besoins locaux et immédiats du monde économique. La formation a certes vocation à permettre l’insertion professionnelle… mais a aussi le rôle dans la formation initiale de transmettre les valeurs de la République et de former les futurs citoyens. De plus réussir l’insertion professionnelle d’un individu ne peut pas se résumer à une réponse à un emploi disponible aujourd’hui. Les progrès scientifiques et techniques ne permettent pas – et c’´est tant mieux – de connaître les futurs métiers à l’horizon de 10 à 15 ans ; la révolution numérique et l’exigence écologique, la robotique, l’intelligence artificielle vont continuer à produire des effets sur l’emploi et les qualifications afférentes : que seront les emplois climatiques et avec quel volume ? Certaines études parlent d’un million d’emplois. Que sera le transport du futur, le train du futur déjà dans les tuyaux mettra Paris à 45 minutes de Marseille. La révolution des robots dans les usines mettra t - il fin au salariat ?

Ensuite, l’apprentissage y est présenté comme LE moyen de parvenir à l’objectif d’une meilleure insertion. L’apprentissage est UNE voie de la formation professionnelle mais ne peut pas être LA seule, ni d’ailleurs la principale. Tout d’abord, malgré les larges campagnes de promotion pour l’apprentissage – ne correspondant pas à tort ou à raison à une demande sociale -, le nombre global d’apprentis n’augmente pas. De plus, l’apprentissage ne constitue une voie de formation stable et pérenne car il est trop sensible à la conjoncture économique. Enfin, les entreprises elles-mêmes, quand elles recherchent des apprentis, sont discriminatoires les souhaitant formés ; d’où les difficultés aux niveaux V et IV et le « succès » de l’apprentissage au niveau de l’enseignement supérieur.

Enfin, l’orientation, à travers la mise en place du SPRO (Service Public Régional d’Orientation), est vue comme le moyen d’affecter les individus là où sont les besoins économiques oubliant en particulier la spécificité de l’orientation scolaire confirmée par l’article 22 de la loi du 5 mars 2014. Elle distingue bien la politique d’orientation en direction des élèves et des étudiants via les services d’orientation de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur de la politique d’orientation en faveur des actifs, raison d’être du SPRO. Le rôle des CIO et de leurs personnels est de travailler au sein de l’Education nationale, dès le collège, pour que les élèves trouvent du sens à leurs études et des parcours de formation et d’accès à la qualification qui leur conviennent et de contribuer à prévenir le décrochage scolaire. Former un jeune au sein de la Région Grand Est doit lui permettre d’obtenir un emploi dans notre région et…. partout ailleurs.

La FSU porte la revendication de l’élévation du niveau de qualification pour préparer aux emplois de demain. Le lycée professionnel clairement en lien avec l’entreprise a été un des vecteurs de la démocratisation de l’Ecole avec un suivi du jeune et un souci manifeste de la continuité des parcours. L’erreur majeure serait donc de casser les diplômes professionnels de la voie scolaire. Des études de l’OCDE notamment montrent que les systèmes d’éducation sélectionnant tôt les élèves au cours de leur cursus scolaire sont ceux qui accroissent les inégalités scolaires.
En tout état de cause, la FSU est opposée au transfert des CIO aux régions et à leur pilotage exclusif de l’offre de formation.


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